Le Conseil constitutionnel vient de confirmer, dans une décision du 9 octobre 2025, la conformité à la Constitution de l'interdiction pour un enfant d'être adopté successivement par deux beaux-parents différents. Une personne majeure, déjà adoptée simplement par le conjoint de sa mère, souhaitait l'être également par l'épouse de son père — pour donner une existence juridique à des liens affectifs bien réels. Le Code civil s'y oppose : sauf exceptions très limitées, nul ne peut être adopté par plus de deux personnes. Cette interdiction est justifiée par un impératif de stabilité juridique : multiplier les filiations adoptives engendrerait des conflits complexes en matière de nom de famille, d'obligations alimentaires et de droits successoraux. Le Conseil rappelle par ailleurs que le droit à une vie familiale normale n'impose pas de traduire chaque lien affectif en lien de filiation. Dans les familles recomposées, la règle est claire : seul le premier beau-parent à engager une procédure d'adoption peut établir un lien de filiation. Les autres liens, même anciens et sincères, ne peuvent faire l'objet d'une adoption ultérieure. Pour les familles recomposées, cette décision rappelle l'importance d'anticiper l'organisation patrimoniale en tenant compte des limites du droit de la filiation. En l'absence de lien de filiation, un beau-parent ne dispose d'aucun droit successoral légal sur l'enfant — et réciproquement. Des outils existent pour y remédier : donation, testament, assurance-vie, mandat de protection future… autant de leviers à activer avec l'accompagnement d'un professionnel.





